Inès a 14 ans, une vraie passion pour le tennis et de grands rêves. Elle est travailleuse, organisée, ambitieuse. Mais sur le court, une erreur pouvait suffire à tout faire basculer. Voici comment nous l’accompagnons pour qu’elle garde son ambition, sans que chaque point raté devienne une montagne.
Qui est Inès ?
Inès joue au tennis depuis qu’elle est toute petite. À l’école, tout roule : de bons résultats, beaucoup d’amis, une grande facilité à créer du lien. Elle est aussi très autonome pour son âge. Elle gère son sac, ses horaires et ses trajets sans qu’on ait besoin de le lui rappeler.
Son rêve est clair : devenir joueuse professionnelle. Et elle ne fait pas les choses à moitié.
Ce qui l’a amenée chez nous
En match, quand Inès rate ou n’atteint pas l’objectif qu’elle s’était fixé, elle peut s’effondrer. La frustration monte, le jeu se défait, et parfois elle lâche complètement. De l’extérieur, on peut croire à un manque de combativité. En réalité, c’est souvent l’inverse : elle tient tellement à bien faire que l’erreur devient insupportable.
Ce qui se joue derrière
Le tennis rend tout cela encore plus visible. C’est un sport individuel, où l’on est seul face à chaque erreur, sans coéquipier pour partager le poids.
Notre accompagnement
L’objectif n’est pas de « casser » sa force ni son ambition. C’est de rendre cette force plus souple.
Où en est Inès aujourd’hui
En peu de temps, les changements sont déjà bien visibles. Le plus marquant : Inès reste dans le match jusqu’au bout. La frustration est toujours là, et c’est normal, mais elle ne lâche plus. Elle se bat jusqu’au dernier point, ce qu’elle ne faisait pas avant.
Elle utilise aussi les outils travaillés ensemble, et surtout au bon moment : sa routine entre les points, sa phrase d’ancrage, son échelle de frustration. Avant chaque match et chaque entraînement, elle se fixe ses propres objectifs, et elle les atteint. Elle ose aussi davantage s’affirmer, sur le court comme en dehors.
Sa maman le résume simplement : en si peu de temps, sa fille a beaucoup changé. Elle la décrit aujourd’hui comme déterminée.
L’accompagnement continue. La prochaine étape : consolider ces progrès dans les matchs à fort enjeu, là où la pression est la plus forte. Parce qu’on ne change pas en quelques semaines une habitude de se juger aussi sévèrement, mais on peut apprendre, point après point, à se faire davantage confiance.
Ce que dit la science
- Le perfectionnisme a deux visages dans le sport. Viser haut peut aider. Mais la peur de l’erreur et l’autocritique sont associées à plus d’anxiété et à un risque d’épuisement (Hill et coll., 2018).
- Les routines avant et entre les actions aident l’athlète à se recentrer et à réguler ses émotions sous pression (Cotterill, 2010).
- Les parents jouent un rôle clé dans l’expérience des jeunes joueurs de tennis : un soutien centré sur l’effort et le plaisir, plutôt que sur le résultat, rend les matchs plus sereins (Knight et Holt, 2014).
Références
Cotterill, S. (2010). Pre-performance routines in sport: Current understanding and future directions. International Review of Sport and Exercise Psychology, 3(2), 132–153.
Hill, A. P., Mallinson-Howard, S. H. et Jowett, G. E. (2018). Multidimensional perfectionism in sport: A meta-analytical review. Sport, Exercise, and Performance Psychology, 7(3), 235–270.
Knight, C. J. et Holt, N. L. (2014). Parenting in youth tennis: Understanding and enhancing children’s experiences. Psychology of Sport and Exercise, 15(2), 155–164.
Étude de cas rédigée par Emiram Joseph, coach mental AU MENTAL. Le prénom et plusieurs détails de ce récit ont été modifiés pour préserver l’anonymat de l’athlète et de sa famille. Il est publié avec leur accord.


