À 20 ans, Franz avait déjà réalisé le rêve de nombreux jeunes footballeurs : signer un contrat professionnel. Pourtant, il avait du mal à croire qu’il méritait réellement sa place.
Entre pépins physiques, peur de décevoir et besoin constant de prouver sa valeur, son parcours était marqué par une pression qu’il s’imposait lui-même.
Voici comment nous l’avons accompagné pour l’aider à reconnaître ses qualités, retrouver confiance et construire sa progression, jusqu’à devenir un joueur de l’équipe première de son club en Division 1 belge.
Qui est Franz ?
Franz, 21 ans, est un défenseur belge évoluant en Division 1. Rapide, solide dans les duels et capable de casser les lignes balle au pied, il s’est progressivement fait une place dans le football professionnel grâce à ses qualités et à son travail.
Lorsque nous commençons à l’accompagner, début 2025, Franz évolue entre les U23 et l’équipe première. Il possède déjà un contrat professionnel, mais traverse une période difficile, marquée notamment par des pépins physiques qui l’éloignent des terrains pendant plusieurs mois.
Au-delà de ces pépins physiques, Franz fait face à une difficulté moins visible : il peine à reconnaître sa propre valeur.
Ce qui l’a amené chez nous
Quand nous rencontrons Franz, il a du mal à reconnaître ses propres réussites, même la signature de son contrat professionnel.
Il a tendance à penser que les opportunités lui ont été offertes plutôt que méritées. Sa satisfaction dépend beaucoup de la réaction des autres. Si son entourage reconnaît une réussite, elle prend de la valeur à ses yeux. Dans le cas contraire, il peut la considérer comme quelque chose de banal.
Sur le terrain, cette dépendance au regard extérieur est particulièrement présente. Lorsqu’il rate un centre ou une passe, il lui arrive de chercher immédiatement la réaction de ses coéquipiers. Un signe de déception peut suffire à le déstabiliser et à affecter la suite de sa performance.
Cette période loin des terrains accentue ces difficultés. Il ressent aussi le besoin de revenir rapidement pour montrer qu’il mérite son contrat.
À plusieurs reprises, cette volonté de répondre aux attentes extérieures le pousse à vouloir accélérer son retour.
Franz n’a pas seulement peur de perdre sa place. Il a peur de décevoir ceux qui lui ont fait confiance.
Ce qui se joue derrière
Tous ces éléments finissent par se rejoindre : pour Franz, bien jouer ne consiste plus seulement à exprimer ses qualités, mais aussi à rassurer les autres sur sa valeur.
Notre accompagnement
Notre objectif n’était pas de diminuer son ambition. Il était de l’aider à construire une confiance moins dépendante du résultat, du statut et du regard extérieur.
Le fil conducteur de cet accompagnement était simple : l’aider à reprendre la maîtrise de ce qui dépend réellement de lui.
Où en est Franz aujourd’hui ?
Les premiers changements se sont manifestés dans sa manière d’aborder les entraînements, les erreurs et les attentes des autres.
Quelques mois plus tard, Franz expliquait notamment ressentir moins de stress lorsqu’il retrouvait l’équipe première. Là où il craignait auparavant le jugement de ses coéquipiers et de ses entraîneurs, il commençait davantage à se concentrer sur ses propres exigences et sur son football.
Il constatait également que les objectifs travaillés à l’entraînement l’aidaient à maintenir sa concentration et sa discipline.
Après cette période loin des terrains, il a progressivement retrouvé la compétition avec la réserve, puis obtenu ses premières minutes en équipe première lors d’un match de Coupe.
Le travail s’est ensuite poursuivi autour de la régularité, de la communication, du leadership et du maintien de ses routines, y compris lorsque les circonstances étaient moins favorables.
Franz a terminé la saison 2025-2026 sur une dynamique positive avant d’entamer la saison 2026-2027 avec l’équipe première de son club.
À 21 ans, il évolue désormais en Division 1 belge et compte déjà cinq titularisations en championnat (octobre 2026), après être passé par les U23 en Division 4.
Son évolution ne se résume pas à ce changement de niveau. Franz a progressivement appris à mieux reconnaître ses accomplissements, à prendre davantage de recul face au regard des autres, à respecter les étapes de sa récupération et à se fixer des objectifs sur lesquels il peut agir.
L’accompagnement a contribué à lui donner des repères qu’il peut continuer à mobiliser dans les différentes situations de sa carrière.
Car le véritable enjeu n’était pas uniquement de retrouver l’équipe première. C’était d’apprendre à se sentir légitime, même lorsqu’il n’y était pas.
Ce que dit la science
- Le retour de blessure ne dépend pas uniquement du physique. Une revue systématique montre que la confiance, la motivation et la peur de se blesser à nouveau sont associées au retour au sport après une blessure. La récupération psychologique mérite donc autant d’attention que la préparation physique (Ardern et coll., 2013).
- La manière dont un athlète se parle influence sa performance. Une méta-analyse portant sur 32 études montre que les interventions centrées sur le dialogue intérieur peuvent améliorer la performance sportive. Apprendre à se parler de façon constructive constitue un levier pertinent pour mieux gérer les erreurs (Hatzigeorgiadis et coll., 2011).
- L’autonomie et le sentiment de compétence sont essentiels à la motivation. La théorie de l’autodétermination souligne l’importance de trois besoins psychologiques : l’autonomie, la compétence et l’appartenance sociale. Leur satisfaction favorise une motivation plus autonome et le bien-être, contrairement à un fonctionnement principalement guidé par les pressions extérieures (Ryan et Deci, 2000).
Références
Ardern, C. L., Taylor, N. F., Feller, J. A. et Webster, K. E. (2013). A systematic review of the psychological factors associated with returning to sport following injury. British Journal of Sports Medicine, 47(17), 1120–1126. https://doi.org/10.1136/bjsports-2012-091203
Hatzigeorgiadis, A., Zourbanos, N., Galanis, E. et Theodorakis, Y. (2011). Self-talk and sports performance: A meta-analysis. Perspectives on Psychological Science, 6(4), 348–356. https://doi.org/10.1177/1745691611413136
Ryan, R. M. et Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55(1), 68–78. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.1.68
Étude de cas rédigée par Andy Kawaya, coach mental AU MENTAL. Publiée avec l’accord de l’athlète.


