Tu l’as peut-être déjà pensé en tant que parent de sportif: “Il/elle est motivé(e), il/elle bosse dur, il/elle veut réussir.” Et c’est vrai. Mais il y a une réalité plus subtile, et souvent invisible: un jeune peut sembler très motivé… tout en jouant sous pression. Une pression plus silencieuse : celle de devoir te rendre fier/fière. Et quand cette bascule s’installe, le plaisir diminue, l’anxiété monte, et la motivation se fragilise. Pas forcément aujourd’hui. Mais sur la durée.
Analyse de cas
Pendant le match, tu es parmi les parents autour du terrain. Tu encourages, tu observes, tu veux juste “être là”. Et pourtant, il y a un détail que tu finis par remarquer parce qu’il se répète.
Ton enfant joue… mais il te cherche.
Après une passe réussie : il tourne la tête. Une micro-seconde.
Après une erreur : il tourne la tête encore.
Après un duel gagné : pareil. Comme un réflexe.
Même quand l’action continue, même quand il devrait déjà être replacé… il te regarde.
Ce regard-là n’a rien d’anodin. Ce n’est pas un regard tactique. C’est un regard qui demande une information plus profonde : la validation.
Et parfois, tu le sens aussi dans son jeu. Il exagère un geste. Il se précipite. Il force une action “spectaculaire”. Il prend une décision qu’il ne prendrait pas d’habitude. Comme si, au-delà du match, il jouait aussi autre chose, ta réaction.
Parce que quand un athlète en arrive à chercher l’approbation en permanence, le sport change de nature. Il ne joue plus seulement pour progresser. Il joue pour sécuriser un lien, pour maintenir un regard, pour éviter un silence, pour ne pas “perdre” quelque chose.
*Ce cas est présenté à titre illustratif. Il s’agit d’une situation fictive, élaborée à partir d’éléments issus de plusieurs situations, et ne reflète pas une personne ou une famille identifiable
Le piège invisible
Un athlète peut être discipliné, sérieux, exigeant… et pourtant jouer avec un nœud dans le ventre. On va souvent dire qu’il travaille dur, mais ce n’est pas synonyme de “il va bien”. Pourquoi ? Parce que la discipline peut être portée par deux moteurs très différents.
- Motivation qui vient de lui/elle : ton enfant joue parce que ça a du sens pour lui/elle, parce qu’il/elle aime progresser, parce que le sport et son rêve lui appartiennent. (intrinsèque)
- Motivation externe à lui/elle : ton enfant joue pour éviter de décevoir, pour être validé(e), pour ne pas “perdre” ton regard, pour ne pas être “moins”. (extrinsèque)
Cette distinction est très bien décrite dans la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 2000). Et elle change tout : la motivation externe peut donner de bons résultats à court terme… mais elle coûte cher sur le long terme : tension, peur de l’erreur, fatigue mentale, perte de plaisir et potentiellement des blessures dues à la surcharge mentale.
Pourquoi ça “marche” au début (et pourquoi c’est dangereux)
Parce que la peur est un moteur puissant.
Un jeune sous pression peut s’entraîner plus et se mettre plus d’exigence. Il peut aussi “tenir” la face pendant un moment. Mais si tu ajoutes à cela la pression et tout ce que cet enfant doit faire en dehors de son sport (l’école, les amis, la fatigue, autres problèmes et inquiétudes), c’est la catastrophe. Intérieurement, il/elle apprend une règle : “Je dois être à la hauteur… sinon je déçois.” Et quand la performance baisse (ça arrive à tout le monde), le mental s’effondre plus vite. L’athlète finit par ne plus prendre du tout de plaisir et veut abandonner.

Les signaux d’alerte
La pression ne se voit pas toujours. Elle se repère dans des détails.
Sur le terrain
- Ton enfant devient plus rigide : il/elle joue “safe”, tente moins, ose moins.
- Il/elle sur-contrôle : hésite, calcule trop, perd l’instinct.
- L’erreur devient énorme : une action ratée suffit à faire chuter tout le match.
- Il/elle semble “fort” mais en réalité joue avec la peur.
À la maison
- Irritabilité après match, silence, fermeture.
- Hyper-sensibilité à la critique (“tu m’attaques”, “tu comprends rien”).
- Besoin de se justifier, de se défendre, de prouver.
- Fatigue émotionnelle : sport = tension, pas respiration.
Ce n’est pas de la fragilité. C’est un système de survie psychologique.
Auto-check – motivation ou peur de décevoir ?
Outil de réflexion (non diagnostique). L’objectif n’est pas de juger, mais d’identifier un ressenti et d’ouvrir un plan d’action.
Lis les phrases ci-dessous et compte combien te semblent vraies, souvent :
- Après un match, j’ai tendance à parler rapidement de ce qui n’a pas été.
- Je remarque que mon enfant se ferme quand je parle de sa performance.
- J’ai déjà dit (même gentiment) : “Tu peux mieux faire / tu dois te reprendre.”
- Je ressens une tension intérieure quand il/elle joue (et ça se voit peut-être).
- J’ai peur qu’il/elle “gâche son potentiel” ou “passe à côté”.
- Je me demande parfois si sa motivation vient de lui/elle… ou de la peur de décevoir.
Lecture rapide
0–1 : climat plutôt soutenant → tu peux consolider avec quelques repères.
2–3 : zone grise → souvent, tout se joue dans le timing + le type de feedback.
4+ : pression invisible probable → une méthode claire peut vraiment changer l’ambiance.
Si vous vous reconnaissez dans 2 items ou plus, AU MENTAL Academy vous donne des outils, des repères et une méthode concrète pour ajuster sans culpabiliser.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on en fait ?
Si tu as reconnu certains signaux dans cet article, ce regard qui cherche l’approbation, cette peur de l’erreur, cette tension invisible qui s’installe, l’enjeu n’est pas de culpabiliser. L’enjeu, c’est de les prendre au sérieux, parce qu’ils donnent une information précieuse : le moteur est peut-être en train de basculer. Et plus tôt on les repère, plus il est simple de réajuster.
Ce qui est important à comprendre, c’est qu’il existe des méthodes pour travailler ça. Des méthodes concrètes, structurées, adaptées aux réalités du terrain. Et c’est exactement pour ça qu’on a créé AU MENTAL Academy.
Là où l’article s’arrête… et où AU MENTAL Academy commence
Depuis des années, dans nos suivis, on observe la même chose : ce n’est pas le manque d’amour qui abîme un parcours, c’est le manque de repères dans les moments sensibles. Et surtout, l’accompagnement parental n’est pas le même selon les étapes de la carrière : au début (initiation), quand l’athlète grandit (accompagnement), puis quand il/elle se rapproche du haut niveau ou devient élite. Le rôle, la posture et les besoins évoluent, et l’environnement familial doit évoluer avec eux.
AU MENTAL Academy a été pensée pour ça : aider les parents à devenir un pilier stable, capable d’accompagner au bon niveau, au bon moment, avec une posture claire. Notre équipe s’appuie sur une approche pluridisciplinaire : psychologues, psychologues du sport, experts de terrain, et aussi des profils qui connaissent la réalité du haut niveau de l’intérieur. L’objectif est simple : te donner une méthode fiable pour accompagner ton enfant sans transformer le sport en pression, et pour savoir repérer ce qui se joue chez lui/elle… comme chez toi.
Ce que dit la recherche
Et cette approche n’est pas “au feeling” : elle est cohérente avec ce que montre la recherche. Là où beaucoup de parents se trompent, c’est qu’ils pensent que ce qui compte le plus, c’est leur intention. Mais ce qui pèse réellement, c’est la perception de l’enfant. Un travail sur de jeunes athlètes élite montre que les comportements parentaux perçus comme soutenants sont associés à davantage de motivation autonome (intrinsèque), et que la perception de l’enfant prédit mieux sa motivation que ce que les parents déclarent eux-mêmes faire (Marcotte, 2018). Une thèse récente va dans le même sens : le soutien à l’autonomie des parents est associé au bien-être des athlètes (Lemelin, 2023). Et point essentiel : viser la performance n’oblige pas à augmenter le contrôle, au contraire. Dans un contexte rapporté, des entraîneurs formés au soutien à l’autonomie ont obtenu 31% de médailles en plus que ceux non formés (Cheon et al., 2015, cité dans Lemelin, 2023).
Si tu veux aller plus loin, AU MENTAL Academy est ouverte. C’est là qu’on transforme ces constats en méthode : des repères, des situations guidées, et un accompagnement structuré pour aider ton enfant à atteindre son plein potentiel.
Les inscriptions sont ouvertes dès maintenant : rejoins AU MENTAL Academy via ce lien.
Références bibliographiques
Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman.
Cheon, S. H., Reeve, J., Lee, Y., & Lee, J. (2015). (Étude citée dans Lemelin, 2023, sur la formation au soutien à l’autonomie et la performance aux Jeux paralympiques).
Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The “what” and “why” of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268.
Lemelin, É. (2023). Thèse de doctorat (sur le style interpersonnel, soutien à l’autonomie et développement sportif).
Marcotte, C. (2018). Le sport d’élite chez les enfants : motivation et apport des parents (Doctorat en psychologie, D. Psy.).





